🏳️🌈 Vote gay et RN : l’illusion d’optique
- 7 déc. 2025
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Ce chiffre sonne comme un paradoxe historique. Selon une récente enquête du magazine ELLE, près de 30 % des hommes homosexuels envisagent de voter pour Jordan Bardella. Ce ralliement spectaculaire consacre une stratégie de « dédiabolisation » qui masque pourtant une bien triste réalité.
Le contraste est saisissant avec l’héritage du Front National. Sous Jean-Marie Le Pen, l’homophobie était une marque de fabrique, l’homosexualité étant qualifiée d’anomalie. Depuis, Marine Le Pen a opéré un virage tactique : le discours s’est lissé et des cadres ouvertement gays ont intégré l’appareil. Ce « pinkwashing » a permis de normaliser le RN, le posant en rempart des libertés face à une homophobie désormais attribuée quasi-exclusivement à l’immigration arabo-musulmane — une stratégie connue sous le nom d’« homonationalisme ».
Derrière cette vitrine « gay-friendly », le logiciel idéologique demeure pourtant très hostile. Dans les faits, le RN s’oppose systématiquement à toute extension des droits, ayant voté contre la PMA pour toutes et rejeté les résolutions européennes protégeant les personnes LGBTIQ. Plus choquant, le mouvement cultive une admiration pour les modèles illibéraux de Viktor Orbán ou Vladimir Poutine, architectes de politiques répressives contre les minorités sexuelles.
Ce basculement électoral, qualifié d’« embourgeoisement » par certains sociologues, révèle une nouvelle hiérarchie des priorités : une partie de l’électorat gay, estimant les droits fondamentaux acquis, privilégie désormais la sécurité et le pouvoir d’achat. Mais en soutenant un camp qui fustige la « propagande LGBT » à l’école et promettait hier encore d'abroger le mariage pour tous, ces électeurs cèdent à une illusion d’optique. Le RN a changé de visage, mais pas de vote.
☕️ bon dimanche.

📌 Sélection Spéciale du 7 décembre
World AIDS Day 2025 souligne un progrès fragile
La mortalité liée au sida a chuté d’environ 70 % depuis 2004, grâce à plus de 31 millions de personnes sous traitement, transformant le VIH en maladie chronique contrôlable. Pourtant, 40,8 millions de personnes vivent avec le VIH, 1,3 million de nouvelles infections et 630 000 décès ont été enregistrés en 2024, avec plus de 9 millions de personnes encore sans traitement. Les infections ont baissé d’environ 40 % depuis 2010, mais stagnent au‑dessus des cibles 2025, tandis que les inégalités (genre, populations clés, diagnostics tardifs) et une chute annoncée de 30–40 % des financements menacent l’objectif de fin de l’épidémie en 2030.
_ World Aids Day, Unaids, 1er décembre 2025
Identités instrumentalisées : Biden contre-attaque
Joe Biden dénonce la stratégie républicaine qui « weaponise » l’identité LGBTIQ+, rappelant que 15 % de ses anciens appointees étaient LGBTQ+, un record historique. À 83 ans, il réaffirme son soutien aux droits trans, face aux restrictions imposées par l’administration Trump (interdiction militaire, passeports basés sur le sexe de naissance, coupes dans les programmes DEI et prévention du suicide). Malgré des sondages favorables à certaines limites, Biden insiste : dignité, égalité et inclusion ne sont pas négociables.
_ The New York Times, 5 décembre 2025
Télécoms US : la DEI sacrifiée contre l’aval du régulateur
La FCC de Trump conditionne désormais chaque fusion ou acquisition à la suppression totale des programmes DEI. AT&T a ainsi obtenu l’achat de spectre d’UScellular pour 1,02 Md$ après avoir confirmé la fin de tous ses postes DEI — une exigence déjà imposée à T-Mobile et Verizon. Ce chantage réglementaire pousse le secteur privé à démanteler des dispositifs essentiels d’inclusion, au détriment des carrières LGBTQ+ et minoritaires dans une industrie déjà inégalitaire.
👌🏼Une “FIFA Peace Prize” pour Trump
FIFA a remis à Donald Trump une nouvelle “Peace Prize” lors du tirage au sort du Mondial 2026, un prix créé sur mesure selon de nombreux observateurs. Trump s’est attribué le mérite d’avoir “sauvé des millions de vies” et “mis fin à plusieurs guerres”, y compris des conflits inexistants. En ligne, les réactions fusent : “pathétique”, “FIFA est corrompue”, “un bonbon pour occuper un enfant”. Le contraste est d’autant plus choquant que l’armée américaine est accusée d’extrajudicial killings et de tensions militaires accrues.
_ LGBTQ Nation, 5 décembre 2025
Droits LGBT+ : progrès fragiles, régressions fulgurantes
L’article de Human Rights Watch montre combien les avancées LGBT+ restent vulnérables. Malgré 20 ans de progrès (62 pays criminalisent encore l’homosexualité contre plus de 90 auparavant ; 20 États reconnaissent la transition légale), 2025 voit une vague mondiale de répression : criminalisation en Indonésie, lois anti-“propagande” en Russie et Afrique, attaques administratives aux États-Unis. À travers les récits de Dédé Oetomo et de chercheurs, HRW rappelle qu’en l’absence de lois protectrices – une véritable infrastructure – les droits LGBT+ peuvent s’effondrer du jour au lendemain.
_ Human Rights Watch, 1er décembre 2025
🇫🇷 France
Vote Gay et Extrême Droite : le Grand Écart
Dans cette chronique, Elisabeth Lévy analyse l'évolution du Rassemblement National vis-à-vis de la communauté homosexuelle. Elle affirme que le RN, loin de son image passée, est désormais le parti comptant le plus d'élus ouvertement gays. Selon elle, environ 30 % des homosexuels s'apprêteraient à voter pour Jordan Bardella. Lévy attribue ce changement à un déplacement de la menace : l'insécurité pour les homosexuels viendrait désormais davantage de l'islam radical que de l'extrême droite. Elle conclut que les gays votent désormais comme des citoyens ordinaires ("avec leur tête"), indifférents aux consignes des associations LGBT.
_ France Inter, 5 décembre 2025
L’homophobie ignorée par une certaine gauche
L’affaire Sabrina Decanton révèle un malaise : en 2019, 63 % des personnes musulmanesdécrivaient l’homosexualité comme une « maladie » ou une « perversion », contre 15 % des catholiques. Elle expose l’ambiguïté d’une gauche pro-DEI qui peine à dénoncer clairement l’homophobie lorsqu’elle émane de groupes socialement dominés qu’elle veut préserver. Cette prudence, présentée comme anti stigmatisation, devient un angle mort politique, laissant les victimes isolées. Le RN s’y engouffre : en se posant en défenseur « sans tabou » des LGBT face à l’« islamisme », il retourne le discours progressiste et gagne en respectabilité. Une récupération stratégique qui prospère sur les silences de la gauche.
_ Edito de Marianne, 4–10 décembre 2025
Pour mémoire …
Depuis la fin des années 1990, le FN s’est opposé à chaque avancée LGBT, souvent avec une rhétorique brutale : lors du débat sur le PACS (1998-1999), Jean-Marie Le Pen parle de « Pacs zoologique » et le parti promeut un CUS niant la légitimité des couples homosexuels. En 2013, le RN combat le mariage pour tous tout en jouant l’ambiguïté : Marine Le Pen évite la Manif pour tous pour moderniser son image, mais maintient jusqu’en 2017 une promesse d’abrogation finalement abandonnée. En 2021, le RN vote contre la PMA pour toutes et reste intransigeant sur la GPA, y compris sur la reconnaissance des enfants nés à l’étranger. Au Parlement européen, il s’oppose quasi systématiquement aux résolutions pro-LGBT sous prétexte de souverainisme. Depuis 2023, la priorité idéologique du RN se déplace vers l’opposition à la transidentité, à la présence d’associations LGBT à l’école et à tout ce qui relève de la prévention ou de l’éducation inclusive, nourrissant une rhétorique anxiogène et identitaire.
(Analyse non exhaustive)
L’État condamné pour 25 ans de retard éducatif
Le tribunal administratif de Paris condamne l’État à 1 € symbolique pour un quart de siècle de carences dans l’éducation à la vie affective et sexuelle, pourtant obligatoire depuis 2001 avec 3 séances annuelles. Saisi par le Planning Familial, Sidaction et SOS homophobie, le jugement pointe l’impact direct de ces manquements sur les LGBTphobies, les violences sexistes et l’accès aux droits. Les associations réclament désormais des moyens, une formation massive et un déploiement réel du programme EVARS, dont l’efficacité reste encore théorique.
Un verdict qui nomme enfin l’homophobie
En appel, Ilies B. est condamné à 8 ans de prison pour avoir tendu des guets-apens homophobes à quatre hommes gays en 2022. La cour confirme la circonstance aggravante d’homophobie, rappelant qu’elle existe dès lors que des victimes sont ciblées parce qu’elles sont LGBT. Les témoignages décrivent des traumatismes durables (sexualité brisée, handicap, crises de panique). La justice souligne un enjeu sociétal majeur : une attaque homophobe par semaine est recensée, et chaque victime doit se sentir légitime à porter plainte.
_ Têtu•, 5 décembre 2025
Chantage homophobe : un maire condamné, une victime reconnue
Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, est condamné à 5 ans de prison, dont 4 ans ferme, et 5 ans d’inéligibilité, pour un chantage homophobe visant son ex-adjoint Gilles Artigues, piégé en 2015 via une sextape tournée à son insu. Le tribunal pointe « l’extrême gravité » des faits et la trahison du devoir d’exemplarité d’un élu. Trois co-prévenus écopent de 2 à 3 ans ferme. Artigues se dit soulagé, enfin reconnu comme victime. Perdriau fait appel.
_ Têtu, 1 décembre 2025
Transidentité et Justice : un Verdict en Demi-Teinte
Le gynécologue palois Victor Acharian est relaxé pour discrimination envers une femme trans, faute de « contact direct » selon le tribunal. Pourtant, ses propos publics – évoquant les « vraies femmes » et refusant « les personnes trans » – lui valent 1000 € d’amende avec sursis pour outrage sexiste et transphobe. L’affaire illustre les limites juridiques actuelles en matière de LGBT-phobie, tout en révélant un discours médical encore peu aligné avec les exigences DEI.
_ Le Figaro, 6 décembre 2025
🌏 Monde
Un coming out qui bouscule le tennis
À 21 ans, le Suisse Mika Brunold fait son coming out sur Instagram, affirmant : « Je suis gay ». En pleine ascension — passé de la 750e à la 310e place mondiale en 18 mois — il dénonce le silence persistant autour de l’homosexualité dans le sport et décrit les défis propres aux athlètes LGBT : peur du rejet, pression du secret, isolement. Son annonce, saluée par 24 000 réactions positives, s’inscrit dans un mouvement encore rare mais croissant de visibilité queer dans le tennis masculin.
_ Têtu•, 2 décembre 2025
Classement LGBTQ+ : Brighton championne, Oxford et Cambridge à la traîne
Une enquête Erobella–Pollfish auprès de 2 000 étudiant·e·s (18–24 ans) établit un score moyen d’inclusivité LGBTQ+ de 6,7/10 dans l’enseignement supérieur britannique. Brighton arrive largement en tête (8,7), suivie de Derby et Nottingham, portée par une culture locale pro-LGBTQ+ et des politiques reconnues (Stonewall Gold Award). À l’inverse, Oxford (6,0) et Cambridge (5,6) sont dernières : traditions anciennes, lenteur d’adaptation et manque d’inclusivité perçu par les étudiant·e·s.
_ Attitude, 5 décembre 2025
Royaume-Uni : l’État confronté à son passé de “thérapies” anti-LGBT d’une brutalité inouïe
Une enquête de la BBC révèle que plus de 250 personnes – peut-être près de 1 000 selon les historiens – ont subi des décharges électriques infligées par le NHS entre 1965 et 1973 pour “corriger” homosexualité et transidentité. Adolescents pour beaucoup, certains ont reçu jusqu’à 20 sessions, perdant parfois connaissance. Les survivant·e·s décrivent une torture, pas une thérapie, avec des séquelles durables (PTSD, isolement, dépression). Face au scandale, le gouvernement ouvre enfin une enquête et promet une interdiction complète et trans-inclusive des pratiques de conversion, toujours légales au Royaume-Uni — un retard dramatique pour les droits LGBT+.
_ BBC News, 5 décembre 2025
Graham Linehan, dérive anti-trans assumée
Graham Linehan, ex-auteur acclamé devenu militant anti-trans, affirme développer un “jeu” ChatGPT où des lesbiennes doivent démasquer une “troll” — terme visant explicitement les femmes trans — puis lui infliger une punition “sans lui donner une érection”. Récemment acquitté pour harcèlement mais condamné pour dégradation contre une jeune militante trans, il multiplie en ligne insultes, misgendering et appels à l’exclusion. Une nouvelle escalade d’un activisme anti-LGBTQ+ désormais central dans sa médiatisation.
_ Attitude, 5 décembre 2025
Droits Trans : entre avancées majeures et retour de flamme politique
L’épisode revient sur deux décisions clés de la Cour suprême : Bostock (2020), victoire 6–3 établissant que discriminer une personne LGBTQ+ viole le Title VII, et Skrmetti (2025), revers majeur validant les interdictions de soins pour mineurs trans dans plusieurs États. Chase Strangio souligne l’impact : 50 % du pays pourrait devenir inaccessible au care trans, tandis que l’administration Trump intensifie les restrictions DEI. Malgré un climat hostile, Strangio plaide pour débat, nuance et protection constitutionnelle durable.
_ The New York Times, 4 décembre 2025
Libertés sous pression : quand la liberté d’expression expose les minorités
Greg Lukianoff (FIRE) alerte : les attaques fédérales contre la liberté d’expression ont explosé sous Trump, visant universités, ONG, avocats et même internautes — parfois avec peines de prison, un phénomène inédit depuis un siècle. Il rappelle que les discours visant les minorités, dont les personnes LGBTQ+, gagnent en légitimité lorsque l’État affaiblit les contre-pouvoirs. Pour lui, la dérive actuelle mêle censure, représailles politiques et mise en danger des groupes marginalisés : un test majeur pour la démocratie et les principes DEI.
_ The New York Times, 5 décembre 2025
USA : recul choc des protections contre les viols en prison pour personnes trans et intersexes
Un mémo divulgué révèle que le DoJ de Trump suspend “immédiatement” des pans entiers du PREA, loi fédérale protégeant les détenu·e·s contre les violences sexuelles. Sont gelées : douches séparées, fouilles respectueuses, placements fondés sur la sécurité, formation du personnel, et examens des violences motivées par la transphobie — y compris pour mineurs et centres de réhabilitation. Les ONG dénoncent une « autorisation explicite d’abuser les personnes LGBT+ en détention », alors que les données fédérales montrent qu’elles subissent un risque bien supérieur d’agressions. Une attaque directe contre les droits LGBT+ et les principes DEI, aux conséquences immédiates et potentiellement meurtrières.
_ The Independent, The Guardian, 6 décembre 2025
États-Unis : l’offensive anti-DEI de Trump attaquée en justice par des agences fédérales
Quatre employé·e·s fédéraux limogés de postes dédiés à la diversité, équité et inclusion (DEI) portent plainte en action collective contre l’administration Trump. Leur accusation : les ordres exécutifs supprimant programmes et postes DEI violent la liberté d’expression, la liberté d’association, ainsi que les lois fédérales contre la discrimination. Des milliers de salarié·e·s, souvent femmes, personnes racisées ou non-binaires, auraient été ciblés — un purge idéologique visant celles et ceux qui défendent les groupes protégés. Une affaire test, cruciale pour l’avenir de la DEI et des protections LGBTQ+ dans la fonction publique.
_ Reuters, 3 décembre 2025
“Lavender Scare 2.0” : la purge anti-LGBTQ+ frappe les employé·e·s fédéraux
Le Washington Blade révèle une offensive systémique de l’administration Trump-Vance contre les fonctionnaires LGBTQ+, rappelant la Lavender Scare des années 1950. Au programme : dissolution des ERG, harcèlement ciblé, doxxing massif (notamment orchestré par Laura Loomer), purges touchant en priorité personnes trans, femmes et minorités racisées, et sanctions professionnelles motivées par l’identité de genre. Des employés sont déplacés, menacés ou forcés au silence, dans un climat de peur orchestré par le pouvoir exécutif. Les experts alertent : l’effet est déjà meurtrier pour des agents trans sous pression extrême, et pourrait créer un précédent juridique national lourd pour les droits LGBTQ+.
_ Washington Blade, 3 décembre 2025
États-Unis : l’offensive anti-trans s’attaque aussi aux protections juridiques des femmes
Paisley Currah analyse l’essor fulgurant des lois définissant légalement le “sexe” selon la capacité reproductive à la naissance : 16 États les ont déjà adoptées, et Trump impose cette définition à tout l’appareil fédéral via son ordre exécutif “Restoring Biological Truth”. Ces mesures effacent l’existence légale des personnes trans, mais fragilisent aussi l’architecture juridique protégeant les femmes (Title IX, protections anti-discrimination). Soutenues par des groupes conservateurs et “féministes” anti-trans, elles constituent une stratégie coordonnée pour redessiner le droit autour d’une fiction biologique restrictive.
_ The New York Review of Books, 18 décembre 2025
“Pourquoi les LGBTQ+ vous dérangent ?” — des réponses de conservateurs qui surprennent
Sur Reddit, un utilisateur a demandé à des Américains conservateurs pourquoi les personnes LGBTQ+ les « dérangent ». Surprise : la majorité affirme… que la communauté ne les dérange pas du tout. Beaucoup dénoncent plutôt une instrumentalisation politique, où les LGBTQ+ servent de boucs émissaires pour détourner l’attention d’autres enjeux. D’autres évoquent une « petite minorité bruyante » à l’extrême droite. Seuls quelques répondants citent « les enfants » ou « le sport », reflétant les narratifs anti-trans amplifiés par les ordres exécutifs de Trump.
_ PinkNews, 2 décembre 2025
ONU : Rebeca Grynspan promet de rebâtir la confiance face aux attaques de Trump
Candidate déclarée au poste de première secrétaire générale de l’ONU, Rebeca Grynspan (Costa Rica, ex-VP, actuelle cheffe de l’UNCTAD) affirme vouloir restaurer la confiance envers une institution que Trump critique ouvertement. Elle plaide pour des réformes assumées, reconnaissant un « affaiblissement de la confiance » mais rappelant les acquis de l’ONU (baisse de la pauvreté, mortalité maternelle/infantile). Grynspan insiste sur l’égalité : aucune femme n’a jamais dirigé l’ONU malgré la compétence de nombreuses candidates. Elle soutient une ONU plus inclusive, avec davantage de voix du Sud global et de sièges permanents pour l’Afrique et l’Amérique latine.
_ Reuters, 3 décembre 2025
HHS raye Rachel Levine : un acte de transphobie institutionnelle
Le département fédéral de la Santé (HHS), dirigé par Robert F. Kennedy Jr., a remplacé le nom Rachel Levine par son deadname sur son portrait officiel — une première visant la première femme trans confirmée par le Sénat. L’opération, menée durant la fermeture fédérale, viole les règles de shutdown et symbolise une dérive assumée : effacer les personnes trans jusque dans l’histoire administrative. Pour les responsables LGBTQ+, c’est un geste de « petitesse et bigoterie », reflet d’une stratégie plus large d’effacement, après les attaques contre le care trans, le langage inclusif et les protections DEI.
_ The Advocate, 5 décembre 2025
Campus sous pression : quand l’offensive anti-DEI bâillonne la presse étudiante
L’Université d’Alabama ferme deux magazines étudiants ciblant femmes et étudiants noirs, invoquant un mémo du DoJ version Trump assimilant les initiatives DEI à une “discrimination illégale”. Pour les juristes, c’est un cas flagrant de censure : seules les publications servissant des publics marginalisés (femmes, étudiant·e·s noir·e·s) sont suspendues — un “viewpoint discrimination” prohibé. 2025 devient une année noire pour la liberté de la presse étudiante, entre fermetures forcées (Indiana, UCO) et pressions idéologiques visant les voix LGBTQ+ et pro-DEI sur les campus.
_ USA TODAY, 5 décembre 2025
Trois procureures lesbiennes en première ligne : alerte rouge sur l’égalité matrimoniale
Lors du Leadership Conference du Victory Institute, les Attorney Generals Dana Nessel (Michigan), Kris Mayes (Arizona) et Anne Lopez (Hawaï) ont averti : sous Trump, les droits LGBTQ+ — mariage compris — sont de nouveau menacés. Ensemble, elles ont déjà intenté plus de 30 actions et gagné 80 % de leurs recours, formant le « bouclier juridique » contre les offensives anti-DEI, anti-élections et anti-LGBTQ+. Leur message : seule la combativité — judiciaire, politique, collective — empêchera l’effacement des avancées d’égalité et des protections des familles LGBTQ+.
_ The Advocate, 5 décembre 2025
Russie : Roblox bloqué pour “propagande LGBT” et contenus prétendument extrémistes
Moscou a interdit l’accès à Roblox, accusant la plateforme d’héberger de la “propagande LGBT”, des “contenus extrémistes” et des risques supposés pour les mineurs. Roskomnadzor dénonce des atteintes au “développement moral des enfants”, tandis que des vidéos de harcèlement sexuel circuleraient selon lui sur le jeu — des arguments souvent utilisés dans les lois anti-LGBT russes. Avec 100 millions d’utilisateurs quotidiens, Roblox devient la dernière cible d’un contrôle numérique accru visant applications étrangères et contenus jugés “déviants”.
_ Le Figaro, 4 décembre 2025
Australie : une organisation anti-LGBTQ+ instrumentalisée
ADF International — branche mondiale d’un groupe américain classé hate group par le SPLC pour ses attaques contre les droits LGBTQ+ — soutient une mère australienne menaçant de poursuivre l’éducation publique après une séance scolaire sur l’inclusivité LGBTIQA+. L’incident, isolé mais mal encadré, est devenu le prétexte pour une offensive idéologique : l’ADF accuse une « éducation sexuelle radicale » tandis que chercheur·euses et élu·es pointent des décennies de lobbying anti-LGBTQ+ exportées vers l’Australie. Spécialistes alertent : l’expansion locale de l’ADF pourrait fragiliser protections, programmes DEI et droits acquis.
_ The Guardian, 3 décembre 2025
Japon : avancées inclusives, blocages constitutionnels
Alors que 6 universités féminines accueillent déjà des étudiantes trans et qu’une 7ᵉ ouvrira en 2029, 40 % des établissements sondés envisagent d’élargir l’accès — signe d’un progrès DEI tangible. En contraste, la Cour suprême est désormais saisie pour l’égalité matrimoniale après un revers majeur : malgré 5 décisions d’appel favorables sur 6, le gouvernement maintient l’interdiction du mariage pour les couples de même sexe, perpétuant des discriminations concrètes.
Malaisie : vagues de raids anti-LGBTQ+ et risques accrus pour la santé et la sécurité
Deux raids policiers ont visé des spas masculins à Kuala Lumpur et Penang, entraînant 200+ arrestations et l’exposition en ligne d’identités et lieux de travail. Les forces de l’ordre invoquent la loi coloniale 377B, utilisée de manière discriminatoire contre les hommes queer. ONG et associations dénoncent des violations de la vie privée, des détentions illégales (>40 h), et un climat qui pousse les communautés LGBTQ+ dans la clandestinité, compromettant prévention VIH et accès aux soins. Le gouvernement d’Anwar Ibrahim assume cette ligne répressive au nom de la “moralité”.
_ South China Morning Post, 1er décembre 2025
À propos de l’auteur
Albin Serviant est le co-fondateur de The Pigments Project, think & do tank et fonds de dotation LGBTQ+ qui agit pour l’universalité des droits, l’égalité et les libertés publiques.
Contact presse : albin@pigments-project.org




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