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Charlie Kirk : Martyr Instrumentalisé

L’assassinat choquant de Charlie Kirk, le 10 septembre 2025, aurait pu ouvrir un débat sur la violence politique croissante aux États-Unis. Il sert au contraire de tremplin à une offensive autoritaire. Trump, JD Vance et Stephen Miller ont érigé Kirk en martyr pour mieux diaboliser la gauche et accélérer leur guerre culturelle.

Les outils sont clairs : doxxing massif de 50 000 internautes par la Charlie Kirk Data Foundation, entraînant licenciements et harcèlement ; pressions politiques jusqu’à la suspension de Jimmy Kimmel, acteur, humoriste, producteur et animateur de télévision américain ; menaces fiscales contre les ONG progressistes. En parallèle, l’administration tente d’imposer des passeports « anti-trans », tandis que la Heritage Foundation pousse le FBI à classer l’« idéologie trans » comme menace terroriste. Or, les données sont sans appel : plus de 97 % des tueries de masse sont commises par des hommes cisgenres.

Cette instrumentalisation vise moins à protéger qu’à intimider. Elle installe un climat de peur, efface le vocabulaire DEI des universités et associations, et transforme la liberté d’expression en champ miné. Les hommages grandiloquents à Kirk (médailles, statues, minutes de silence) masquent mal la logique : sacraliser une figure polarisante pour justifier purges et régressions.

De l’Afrique à l’Europe, des États-Unis au Vatican, la revue de presse souligne un fil rouge : l’affrontement entre offensives réactionnaires et luttes pour la survie des droits LGBTQ+. En Europe, 650 entreprises rejettent les projets d’exclusion des personnes trans ; l’UE manie ses fonds gelés face à la Hongrie. Dans l’Église, Léon XIV ferme la porte aux réformes, tandis que le cofondateur de Ben & Jerry’s dénonce la censure d’Unilever en claquant la porte. À Washington, HRC mobilise 2 500 personnes pour défendre les jeunes trans privés de soins.

☕️ Bon café, bon dimanche.



📌 Notre Sélection du 21.9.2025 📌

L’Utopie ou la Mort : l’édito du nouveau Têtu

L’édito du nouveau Têtu met en avant Mami Watta, reine de la 1ère édition All Stars de Drag Race France, 2e Africaine couronnée dans la franchise. Son parcours révèle la fragilité des droits LGBT+ en Afrique : criminalisation, agressions homophobes, montée des discours anti-queers. Le texte élargit la focale à la santé mondiale : en 2024, l’Afrique subsaharienne concentre 1,3 M de nouvelles contaminations VIH, soit 50 % du total, touchant surtout les jeunes femmes. L’arrivée de la PrEP injectable est une avancée, mais son accès reste limité par les brevets. L’Europe est interpellée à agir.

Léon XIV ferme la porte aux réformes

Dans sa première interview (18 septembre 2025), le pape Léon XIV exclut toute réforme doctrinale : pas d’ordination de femmes diacres, pas de reconnaissance du mariage homosexuel. Il se dit favorable à nommer davantage de femmes à des postes de direction mais réaffirme son soutien à la « famille traditionnelle » (père, mère, enfants). Concernant les fidèles LGBT+, il maintient la ligne d’« accueil de tous » sans changement de catéchisme. Il affirme aussi que la lutte contre les violences sexuelles ne doit pas devenir « la priorité de l’Église ».

Le Monde , 18 septembre 2025

Cinéma sous haute tension

Une bataille après l’autre, film de 140 M$ signé Paul Thomas Anderson, avec Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Benicio del Toro et Teyana Taylor, sort relativement discrètement le 24 septembre 2025. Adapté de Vineland de Pynchon, il croise critique des suprémacistes, dérives « woke », attaques contre l’avortement et méditation père-fille. Dans un climat marqué par le retour de Trump et l’assassinat du militant Charlie Kirk, le film évite le tapage promotionnel. Steven Spielberg, déjà conquis après trois visionnages, l’a qualifié de « dément », confirmant son statut d’événement de la rentrée.

_ Le Point, 18 septembre 2025

Ben & Jerry’s : indépendance brisée

Jerry Greenfield, 74 ans, cofondateur de Ben & Jerry’s, a démissionné le 17 septembre 2025 après 47 ans, dénonçant la mainmise d’Unilever. Racheté en 2000 pour 326 M$, le groupe anglo-néerlandais est accusé d’avoir trahi l’accord garantissant l’indépendance militante de la marque, pionnière du mariage homosexuel dès 2009 et active sur les droits LGBTQ+, l’égalité femmes-hommes, l’immigration et la justice climatique. Les tensions ont culminé autour de la guerre à Gaza : Ben & Jerry’s avait cessé ses ventes dans les colonies israéliennes en 2021, décision rejetée par Unilever. Greenfield dénonce désormais censure et régression en matière de DEI, tandis que Ben Cohen poursuit la défense de l’identité progressiste historique de la marque.

_   The Advocate (17/09/2025), Politico Europe, (17/09/2025).

650 entreprises contre l’exclusion des personnes trans

Le 16 septembre 2025, plus de 650 entreprises – dont Ben & Jerry’s, Lush et Lucy & Yak – ont signé une lettre contre le projet du régulateur britannique EHRC visant à bannir les personnes trans des espaces « non-mixtes » (toilettes, vestiaires, etc.). Elles jugent la mesure « inapplicable » et contraire aux droits humains, rappelant qu’elle placerait le personnel en « police du genre » et menacerait la viabilité des petites entreprises. Le Lemkin Institute a demandé à l’ONU de déclasser l’EHRC pour ses dérives anti-trans.

PinkNews, 16 septembre 2025

UE et Hongrie : trade off

La Commission européenne prévoit de libérer €550M de fonds gelés à la Hongrie afin d’obtenir son soutien au 19ᵉ paquet de sanctions. Objectif : avancer l’interdiction des importations de GNL russe à fin 2026 (au lieu de 2027) et réduire le plafond du prix du pétrole de 60 à 47,60 $/baril. Bruxelles vise aussi 45 entreprises chinoises et indiennes, ainsi que 560 pétroliers russes. Depuis 2022, la part du gaz russe est tombée de 45 % à 20 % des importations européennes. Orbán, dépendant de Moscou et en campagne électorale, avait bloqué plusieurs mesures. Les fonds gelés l’étaient initialement pour des manquements à l’État de droit, incluant la discrimination envers les personnes LGBT+, que Bruxelles continue de surveiller. L’UE utilise donc la levée partielle de ces sanctions financières comme levier politique face à Budapest.

Financial Times, 19 septembre 2025.

Interdiction des drapeaux Pride ?

Le 15 septembre 2025, dans le Bureau ovale, Donald Trump a déclaré qu’il n’aurait “aucun problème” à retirer les drapeaux Progress Pride de Washington, D.C., allant jusqu’à envisager de les traiter comme symboles de terrorisme intérieur. Interpellé par Brian Glenn (Real America’s Voice, compagnon de Marjorie Taylor Greene), Trump a comparé ces drapeaux à l’incendie du drapeau américain, qu’il juge incitatif à la violence. Or, la Cour suprême a réaffirmé que les drapeaux relèvent de la liberté d’expression protégée. Cette attaque vise directement la visibilité LGBTQ+.

The Advocate, 16 septembre 2025 

Paon ou porc-épic


Dans une nouvelle tribune, Fabrice Houdart dénonce l’affaiblissement du pouvoir collectif LGBTQ+, jadis capable de faire plier gouverneurs et multinationales. Face à la multiplication des attaques symboliques et législatives, il appelle à combiner visibilité positive (« paon ») et capacité de riposte (« porc-épic »). Recommandations : reconstruire des coalitions économiques, réinvestir le militantisme local, innover technologiquement, renforcer l’autodéfense, structurer la diaspora numérique avec stratégie claire et objectifs mesurables. L’urgence : ne plus se contenter d’histoires ou de compromis, mais passer de la défense passive à l’offensive organisée.


_ Fabrice Houdart, 15 septembre 2025

20 cinéastes LGBTQ+ qui redessinent Hollywood

Un panorama de LGBTQ Nation met en lumière 20 réalisateur·rices LGBTQ+ qui repoussent les frontières du cinéma, du « Pope of Trash » John Waters aux Wachowski en passant par Cheryl Dunye, Pedro Almodóvar et Gus Van Sant. Ces voix queer transforment le 7ᵉ art par leur audace artistique, leur lutte contre la censure et la mise en avant de récits LGBTQ+. Héritiers du New Queer Cinema ou créateurs de mouvements radicaux comme le queercore, ils imposent visibilité, diversité et innovation.

LGBTQ Nation, septembre 2025

HRC 2025 : gala de résistance et d’espoir

Le Washington Blade (15 septembre 2025) rapporte que le dîner national de la Human Rights Campaign a rassemblé 2 500 personnes et levé des fonds majeurs pour l’égalité LGBTQ. Dans un climat marqué par les attaques contre les droits trans et les soins affirmatifs, Kelley Robinson, Wes Moore et Sarah McBride ont appelé à la solidarité et à la défense des acquis. Un rapport cité montre que 40,1 % des jeunes trans (120 400 sur 27 États) subissent les interdictions de soins. L’art, la musique et les témoignages ont incarné résilience et espoir collectif.

Washington Blade, 15/09/2025

🇫🇷 France

Lu dans Têtu 

Ce numéro de rentrée met en avant cinq combats majeurs : l’arrivée du lénacapavir, première PrEP injectable bimestrielle, primée par Science et efficace à 100 % contre le VIH, mais encore trop coûteuse (28 000 $ contre 41 $ estimés en Afrique), qui pourrait accélérer la fin de l’épidémie ; la Pride de Budapest 2025, où plus de 200 000 personnes ont défié l’interdiction du gouvernement Orbán avec le soutien du maire Gergely Karácsony, symbole d’une résistance démocratique appuyée par Ursula von der Leyen ; la prise de parole de Corinne Calendini (AXA), l’une des rares dirigeantes lesbiennes visibles en France, pour qui assumer son identité a libéré son leadership et renforcé les politiques DEI ; le constat du baromètre BCG Out@Work 2025 montrant que 32 % des parents LGBT cachent encore leur parentalité en entreprise, malgré quelques avancées portées par Sanofi, Axa ou LVMH ; enfin, l’engagement de l’avocate Laura Gandonou qui, en obtenant dès 2023 la reconnaissance du droit aux soins d’affirmation de genre par la CPAM, rappelle que seules des actions collectives permettent de briser stigmatisation et exclusions.

Têtu Numéro 244, septembre 2025



🌏 Monde

Jeunesse trumpiste mobilisée

Les lycéens et étudiants apparaissent comme héritiers et amplificateurs du discours de Charlie Kirk. Inspirés par Turning Point USA, ils revendiquent des valeurs conservatrices sur les campus, perçus comme dominés par la gauche. David et Tymon, cités dans l’article, disent assumer foi, famille, masculinité et morale, tout en rejetant les droits LGBT assimilés au « wokisme ». Leur rhétorique désigne la « gauche radicale » comme ennemie, légitimant la stigmatisation et appelant à « démasquer » les progressistes. Cette mobilisation estudiantine illustre un basculement générationnel vers un militantisme identitaire d’exclusion. “Il n’y avait qu’un seul Charlie Kirk, maintenant nous sommes des millions”.

_ La Tribune Dimanche, 21 septembre 2025 — n°103 p.8

Inclusion à géométrie variable

Depuis juillet 2025, l’administration Trump impose aux universités une redéfinition du DEI : Columbia doit traiter tous les étudiants "également", tout en créant un poste spécifique pour soutenir les étudiants juifs. Harvard a instauré une formation obligatoire contre l’antisémitisme, mais aucune autre formation anti-biais. Brown s’est engagé à promouvoir les écoles juives, malgré l’interdiction officielle de préférences fondées sur l’ethnie ou la religion. Résultat : une "DEI inversée", centrée sur une minorité, tout en restreignant la liberté académique et en alimentant tensions et paradoxes. Un sondage FIRE (2025) montre 34 % d’étudiants jugeant acceptable d’user de violence pour censurer un orateur.

The Economist, 18 septembre 2025

Guerre contre la DEI

Le 17 septembre 2025, Reuters rapporte que les subventions FAA destinées à former des mécaniciens aéronautiques sont gelées, faute d’alignement avec les ordres exécutifs de Trump supprimant toute référence au DEI. Résultat : un financement de 80 M$ sur 4 ansest bloqué alors que l’aviation fait face à un déficit prévu de 10 % de mécaniciens certifiés. Moins de 3 % des techniciens actuels sont des femmes, ce qui illustre l’impact direct de l’abandon des politiques inclusives sur un secteur déjà en tension.

Reuters, 17 septembre 2025

Exode de talents US 

Sous l’administration Trump, de plus en plus d’Américains qualifiés cherchent refuge à l’étranger. Les demandes de citoyenneté britannique ont atteint 2 194 au T2 2025 (+50 % en un an, record historique) et les passeports irlandais un sommet en dix ans. Relocation firms et avocats en immigration signalent une explosion des sollicitations, notamment de la part de familles LGBT inquiètes des politiques migratoires et sociales. Motifs principaux : coupes budgétaires fédérales, climat politique jugé “toxique”, incertitudes économiques et craintes liées aux déportations massives. Mais partir implique des sacrifices : salaires plus bas (83 000 $ aux États-Unis contre 61 000 $ en France), contraintes fiscales et risques de stagnation professionnelle. Pour beaucoup, la priorité devient sécurité et valeurs, quitte à accepter un déclassement matériel.

Financial Times, 17 septembre 2025.

Identité, Culture et Algorithmes

Le podcast The Up Next (épisode 379, 15 sept. 2025) montre que l’identité se définit moins par âge, genre ou origine que par consommation culturelle. Exemple : mieux vaut savoir qu’une électrice texane a écouté 16h de Candace Owens que connaître ses données démographiques. La droite exploite déjà ces affinités via Daily Wire ou PragerU. Les progressistes, eux, restent figés sur des catégories démographiques, ratant l’évolution culturelle réelle des publics. D’où l’appel à une “cultural intelligence” pour un marketing inclusif et connecté.

The Up Next Podcast, 15/09/2025

Personnes intersexes en Europe

Le rapport 2025 de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) alerte sur l’ampleur des discriminations visant les personnes intersexes. La moitié subit encore chirurgies ou traitements non consentis, 40 % des « thérapies de conversion », 38 % déclarent être discriminés au travail (le double de la moyenne LGBTIQ), et 53 % ont envisagé le suicide en 2024. Les violences et harcèlements sont en forte hausse depuis 2019. La FRA qualifie ces pratiques de violations graves des droits fondamentaux et exige des États-membres l’interdiction des interventions médicales non vitales, un renforcement juridique et une approche intersectionnelle. Contexte aggravant : montée des politiques anti-LGBT+ en Hongrie, Italie et ailleurs en Europe.

Financial TimesTêtu,  Agence des droits fondamentaux de l’UE, 17/09/2025.

Protection des patients LGBT+ au NHS

Le secrétaire d'État à la Santé, Wes Streeting, a promis d'assurer la sécurité des patients LGBT+ dans le NHS après avoir entendu des témoignages directs de harcèlement trans. Lors de la Conférence NHS LGBT+ du 15 septembre, Streeting a abandonné son discours préparé pour tenir une session de questions-réponses. Il a reconnu avoir entendu des histoires "assez terribles" de personnes trans et de leurs parents sur leur traitement au NHS, incluant des cas de harcèlement sexuel dans les établissements de santé. Malgré son maintien de l'interdiction conservatrice des bloqueurs de puberté, Streeting a promis d'améliorer les temps d'attente pour les services d'identité de genre et de développer un plan d'action national sur les inégalités de santé LGBT+. Il a souligné l'impossibilité d'ignorer que les personnes trans se sentent moins en sécurité dans le paysage politique actuel.

Attitude, 17 septembre 2025

Pete Buttigieg : Trop gros risque pour Kamala Harris

Kamala Harris a révélé dans ses mémoires à paraître, "107 Days", que choisir Pete Buttigieg comme colistier était "un trop gros risque" pour une femme noire de faire campagne avec un homme gay. Elle le décrit comme son "premier choix", écrivant qu'il est "un serviteur public sincère avec le rare talent de pouvoir formuler des arguments libéraux d'une manière qui permet aux conservateurs de les entendre". Elle ajoute : "Nous demandions déjà beaucoup à l'Amérique : accepter une femme, une femme noire, une femme noire mariée à un homme juif. Une partie de moi voulait dire, au diable, faisons-le. Mais sachant ce qui était en jeu, c'était un trop gros risque." Buttigieg a répondu à Politico qu'il était "surpris" de lire cela et qu'il "croit à donner plus de crédit aux Américains". Il a déclaré que son expérience en politique a été que la façon de gagner la confiance des électeurs est basée principalement sur ce qu'ils pensent que vous allez faire pour leur vie, pas sur les catégories.

Source Attitude

Log Cabin Republicans

Fondés après la défaite de la Proposition 6 en Californie (1978), les Log Cabin Republicans rassemblent aujourd’hui 80 sections dans 40 États. Nés pour défendre les droits des enseignants gays, ils se sont institutionnalisés dès les années 1990. Malgré l’opposition du GOP à l’égalité matrimoniale dans les années 2000, le groupe a résisté, soutenant McCain en 2008 puis Trump dès 2020. Actuellement, ils saluent ses politiques, notamment contre les soins trans pour mineurs, tout en affirmant défendre “égalité et liberté” pour les LGB.

The Advocate, 16 septembre 2025

Identités de genre enfantines

Selon la TransYouth Project (Monographs of the Society for Research in Child Development, juillet 2025), 82 % des enfants ayant effectué une transition sociale jeune (âge moyen : 6,5 ans) maintiennent leur identité sept ans plus tard. Mais 18 % changent au moins une fois, souvent vers une identité non-binaire. Comparaison : en 2022, seuls 7 % avaient changé sur 5 ans, confirmant une instabilité croissante avec le temps. Particularité : 23 % des sœurs de jeunes trans se déclarent trans elles-mêmes, contre 9-10 % dans les groupes témoins. Ces chiffres, bien supérieurs aux 1 % estimés par le CDC, nourrissent un débat crucial sur la prudence des transitions précoces et l’impact des environnements familiaux.

The Economist, 18 septembre 2025.

Boycott d’une mission commerciale aux US

Petra De Sutter, première ministre transgenre en Europe et ex-vice-première ministre belge (2020-2024), a annoncé son retrait d’une mission commerciale belge prévue en octobre à Los Angeles et San Francisco. Elle invoque les décrets de Donald Trump visant les personnes trans : reconnaissance légale limitée à deux sexes immuables, suppression des options “non-binaires” dans les documents fédéraux et interdiction des athlètes trans dans le sport. Craignant un “incident diplomatique”, De Sutter préfère se tenir à distance. Elle entamera en octobre son mandat de rectrice de l’Université de Gand.

Politico Europe, 18 septembre 2025.

Taliban : effacement des femmes dans l’enseignement supérieur

Les universités afghanes doivent désormais retirer tous les ouvrages écrits par des femmes, ainsi que 18 disciplines jugées « contraires à la charia », dont sociologie des femmes et genre et développement. La liste officielle bannit 679 titres, dont 140 d’autrices et 310 publiés en Iran, accusés d’« infiltration idéologique ». Après l’interdiction de l’éducation pour les filles au-delà de la 6ᵉ et la fermeture des écoles de sages-femmes en 2024, cette mesure consacre l’effacement total des voix féminines et accentue l’isolement académique du pays.

_  BBC, 19 septembre 2025

ONU : la Mongolie appelée à protéger les droits LGBTQ+

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU (sept. 2025) critique la Mongolie pour discriminations persistantes malgré des avancées légales (dépénalisation, sanctions anti-discrimination, changement d’état civil trans). Pas de reconnaissance des couples de même sexe ni des personnes non-binaires, plaintes rarement jugées. L’ONU dénonce agressions policières, divulgation forcée de données et pratiques de « conversion » religieuse, souvent contre des mineurs. Elle exige lois plus fortes, formation des juges et policiers, et respect de la liberté d’assemblée.

Washington Blade, 16/09/2025.

📚 Culture 📚

Affaires familiales

Au Théâtre de la Bastille, Émilie Rousset transforme le documentaire en théâtre vivant. Affaires familiales, présenté à Avignon en juillet 2025, met en scène le combat d’avocat·e·s pour l’égalité des droits, des affaires de GPA à la défense des familles LGBT face aux régressions législatives en Italie ou aux avancées en Espagne et au Portugal. Neuf séquences haletantes explorent inceste, violences conjugales et contradictions du droit européen. Grâce à sept interprètes habités et un dispositif scénique sobre, la frontière entre réalité et fiction disparaît, offrant un plaidoyer citoyen puissant et émouvant.

Les Échos, 19 septembre 2025.

Londres dickensien et queer dans Caledonian Road

Avec Caledonian Road, Andrew O’Hagan signe une fresque sociale ambitieuse sur le Londres contemporain, saluée par plus de 250 000 ventes au Royaume-Uni et sélectionnée pour le Femina étranger. On y suit Campbell Flynn, historien de l’art en crise, symbole des contradictions d’une élite intellectuelle ballottée par Brexit, Covid et luttes générationnelles. Le roman reflète le multiculturalisme d’Islington et aborde de front les thèmes LGBT : Flynn, père d’une fille lesbienne top model, se veut allié progressiste, défendant pronoms neutres et égalité, sans toujours convaincre les jeunes. Entre migrants, oligarques, rappeurs et activistes, O’Hagan compose une fresque dickensienne où l’intime rejoint la politique.

Les Échos, 19 septembre 2025.

Alan Cumming aux Emmy Awards

L'acteur bisexuel Alan Cumming a rendu hommage à la communauté trans en acceptant l'Emmy du meilleur programme de téléréalité pour "The Traitors US". Portant un pin "Not a Phase" aux couleurs du drapeau trans, il a déclaré sur le tapis rouge : "Les personnes trans dans ce pays sont persécutées de manière si inutile". Dans son discours d'acceptation, il a souligné que "c'est une époque difficile que nous vivons" tout en remerciant son mari Grant Shaffer. Cumming avait précédemment qualifié les personnes trans de "super-héros de la vraie vie" lors d'une apparition dans "Jimmy Kimmel Live" en juillet. Cette prise de position publique intervient dans un contexte d'attaques politiques croissantes contre les droits des personnes trans aux États-Unis. 

Attitude 15 septembre 2025


 
 
 

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