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đŸłïžâ€đŸŒˆ La Conspiration des faits

  • il y a 2 jours
  • 13 min de lecture

Pendant quelques jours, la presse a tournĂ© en boucle sur une phrase que Rachida Dati aurait prononcĂ©e en privĂ©. "Conspiration gay", "club des homosexuels" : les mots circulent, contestĂ©s, niĂ©s, plainte dĂ©posĂ©e. À un mois des municipales parisiennes, la sĂ©quence fait beaucoup de bruit, campagne Ă©lectorale oblige.

Pigments Project ne se positionne pas sur cette affaire. Non par prudence, non par indiffĂ©rence — mais parce que notre rĂŽle n’est pas de commenter.

Notre mission, c'est de regarder les faits. Les vrais : ceux qu'on peut mesurer, analyser, transformer en leviers d'action concrets. Des propos rapportés, contestés et soumis à une procédure judiciaire ne constituent pas une base sur laquelle un think & do tank sérieux peut bùtir une prise de position publique.

Ce qui nous intĂ©resse, c'est la suite. Dans une ville oĂč 73 % des jeunes considĂšrent l'homosexualitĂ© comme acceptable, les enjeux qui structurent vraiment l'avenir des personnes LGBT+ ne se jouent pas au rythme des rĂ©seaux sociaux. Ils se jouent dans les budgets, leur utilisation et leur optimisation, les programmes municipaux, les politiques DEI concernant le personnel de mairie, les dispositifs de santĂ©, les politiques scolaires, la sĂ©curitĂ©. Nous entrons dans une sĂ©quence Ă©lectorale : c'est le bon moment pour poser les bonnes questions, pas pour commenter. Nous avons eu la chance de rencontrer trois candidats lors d'un dĂźner-dĂ©bat, et nous dĂ©taillerons prochainement leurs positions et propositions concrĂštes. Nous serons par ailleurs attentifs Ă  l'ensemble des programmes publiĂ©s d'ici le scrutin.

Un dernier mot, venu d'Inde oĂč cette revue de presse est rĂ©digĂ©e cette semaine (IA Impact Summit oblige) : Mumbai cĂ©lĂ©brait dĂ©but fĂ©vrier le 16e anniversaire de sa Marche des FiertĂ©s — des milliers de personnes dans les rues, huit ans aprĂšs la dĂ©criminalisation de l'homosexualitĂ© dans un pays de 1,4 milliard d'habitants . Si le changement est possible Ă  cette Ă©chelle-lĂ , il est possible partout. 

C'est cette conviction qui guide notre travail.



📌 SĂ©lection du 22 fĂ©vrier 2026


Goldman Sachs recule sur la diversité au board

Goldman Sachs va supprimer les critĂšres liĂ©s Ă  la race, au genre et Ă  l’orientation sexuelle dans l’évaluation des candidats Ă  son conseil d’administration, sous pression du groupe activiste National Legal and Policy Center. Ces critĂšres, intĂ©grĂ©s aux politiques DEI, incluaient l’identitĂ© de genre et l’orientation sexuelle. Le retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de recul des engagements DEI depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, avec des impacts directs sur la reprĂ©sentation LGBTQ+ au sommet des grandes entreprises.

The Guardian, 17 février 2026

U2 transforme un meurtre en réquisitoire pro-LGBTQ+

U2 sort l’EP Days of Ash (6 titres, publiĂ© le 18 fĂ©vrier 2026) dont l’ouverture, “American Obituary”, rend hommage Ă  RenĂ©e Nicole Good, mĂšre queer de trois enfants, tuĂ©e par un agent d’ICE Ă  Minneapolis le 7 janvier 2026. Le groupe dĂ©nonce aussi son Ă©tiquetage officiel en “terroriste domestique”, symbole d’une dĂ©rive qui “assassine le sens des mots”. PremiĂšre sortie de nouveaux titres depuis 2017 : la pop comme contre-pouvoir, pour mĂ©moire et Ă©galitĂ©.

LGBTQ Nation, 20 février 2026

Steam : la haine anti-LGBTQ+ laissée en ligne

Sur Valve Corporation (propriĂ©taire de Steam), des dĂ©veloppeur·euses dĂ©noncent une modĂ©ration jugĂ©e dĂ©faillante : insultes transphobes, antisĂ©mites et campagnes “anti-woke” restent visibles malgrĂ© les rĂšgles internes. Des jeux avec personnages LGBTQ+ sont ciblĂ©s par des “curateurs” militants, affectant directement leurs ventes — un enjeu majeur quand la plateforme revendique prĂšs de 42 millions d’utilisateurs simultanĂ©s le mois dernier. Faute de rĂ©ponses, des crĂ©ateurs parlent d’un climat d’impunitĂ© structurelle aux impacts Ă©conomiques et psychologiques rĂ©els.

The Guardian, 16 février 2026

UE : “les femmes trans sont des femmes” 

Le Parlement europĂ©en a adoptĂ© une rĂ©solution affirmant la reconnaissance pleine des femmes trans comme femmes, jugĂ©e “essentielle” Ă  l’efficacitĂ© des politiques d’égalitĂ© et de lutte contre les violences, avec accĂšs Ă©gal aux services de protection et de soutien. Le texte, non contraignant, fixe les prioritĂ©s de l’UE pour la 70e session de la Commission de l’ONU sur le statut des femmes (mars, New York) et alerte sur les offensives “anti-genre” visant aussi les droits LGBTIQ+. Vote : 340 pour, 141 contre, 68 abstentions.

LGBTQ Nation, 17 février 2026

Surrogacy sans garde-fous 

Dans une enquĂȘte d’A Reporter at Large, The New Yorker rĂ©vĂšle qu’un couple fortunĂ© de Los Angeles aurait obtenu des dizaines d’enfants via gestation pour autrui, dans une villa transformĂ©e en quasi-pouponniĂšre. Aux États-Unis, l’absence de cadre fĂ©dĂ©ral sur la GPA — pourtant interdite dans de nombreux pays — laisse place Ă  des montages opaques et Ă  des questions Ă©thiques majeures : projet parental dĂ©mesurĂ© ou exploitation d’un vide juridique ? L’affaire relance le dĂ©bat sur rĂ©gulation, protection des mĂšres porteuses et intĂ©rĂȘt supĂ©rieur des enfants.

The New Yorker, 9 février 2026

Art contre ICE : la résistance queer en premiÚre ligne à L.A.

À Los Angeles, des artistes transforment la crĂ©ation en riposte face aux raids de U.S. Immigration and Customs Enforcement (10 000 arrestations en 6 mois dĂšs juin 2025). Performances pop-up, nĂ©ons “Nobody is Illegal”, projections nocturnes et ateliers dans un refuge LGBT+ Ă  Tijuana : l’“Irresistible Resistance” irrigue Frieze LA 2026. L’art devient entraide, visibilitĂ© et dĂ©fense des communautĂ©s migrantes queer, ciblĂ©es par la peur et la prĂ©caritĂ©.

Financial Times, 18 février 2026

Mika sur RTL 

“On assiste Ă  un recul inquiĂ©tant des droits LGBTQ+, presque comme si l’on revenait vingt ans en arriĂšre. Aux États-Unis, c’est frappant, et mĂȘme en Italie — un pays que j’adore — la situation se dĂ©grade aussi, mais beaucoup n’osent pas en parler. Par peur, on laisse la libertĂ© s’éroder en silence, et je ne comprends pas comment on en est arrivĂ©s lĂ . Ce qui me frappe, c’est que ce n’est pas une impression vague ou une exagĂ©ration : c’est du concret. J’ai longtemps travaillĂ© autour des Ă©vĂ©nements Pride, surtout aux États-Unis. Or, cette annĂ©e, les sponsors ont disparu. Les financements ont Ă©tĂ© coupĂ©s. Des activitĂ©s qui existaient chaque annĂ©e ont Ă©tĂ© annulĂ©es. Et sur place, beaucoup de gens ont rĂ©ellement peur de prendre la parole.”

RTL, 12 février 2026


đŸ‡«đŸ‡·Â France


“Conspiration gay”

À un mois des municipales 2026, Rachida Dati est accusĂ©e par Le Nouvel Obs d’avoir Ă©voquĂ© en privĂ© une « conspiration gay » et un « club des homosexuels » cherchant Ă  la faire perdre Ă  Paris. Elle dĂ©ment et porte plainte pour diffamation. L’affaire ravive son passif : opposition au mariage pour tous, rĂ©serves sur la PMA/GPA, abstention sur l’interdiction des thĂ©rapies de conversion. Dans une ville oĂč 73 % des jeunes jugent l’homosexualitĂ© acceptable (Ifop), la sĂ©quence interroge sa capacitĂ© Ă  rassembler l’électorat LGBT et alliĂ©.

Le Parisien, Telerama, Huffpost, Ouest France, La DĂ©pĂȘche 18 fĂ©vrier 2026

Jeunesse 2025 : progressiste, mais fracturée sur les droits LGBT

L’étude Ifop-Elle (1 028 adolescents, 15-17 ans) rĂ©vĂšle une jeunesse majoritairement favorable aux droits LGBT : 73 % jugent acceptables les relations entre personnes de mĂȘme sexe et 50 % le changement de genre . Mais les clivages religieux sont nets : 49 % des jeunes musulmans jugent inacceptables les relations homosexuelles (vs 7 % sans religion) et 57 % refusent le changement de genre (vs 21 %). La critique des religions est rejetĂ©e par 58 %, signe d’une tension entre libertĂ©s individuelles et conservatismes culturels.

Ifop pour Elle, février 2026

Stades : Le PSG convoqué par la LFP

AprĂšs des chants au PSG-OM, le PSG est convoquĂ© par la LFP. La ligue recense 12 matchs de Ligue 1 interrompus pour chants discriminatoires sur 198, et 15 en Ligue 2 aprĂšs 21 journĂ©es (contre 5 en 2024-2025). Les Ă©cologistes proposent une loi d’« obligation de rĂ©sultat » : dĂšs qu’un chant homophobe est constatĂ©, le club serait responsable. En 2024-2025, la LFP a infligĂ© 107 amendes (229 000 €) et 3 fermetures de tribunes.

Le Monde, 18 février 2026

Mémoire LGBT : reconnaßtre, puis réparer ?

Le Parlement multiplie les lois mĂ©morielles : fin 2025, textes sur les victimes des lois anti-homosexualitĂ© (avant 1982) et anti-avortement, et sur Dreyfus. Selon Le Monde, plus de 10 000 condamnations pour homosexualitĂ© aprĂšs 1945 ont motivĂ© une loi. Le dĂ©bat DEI porte sur la rĂ©paration : la gauche proposait au moins 10 000 € d’allocation, refusĂ©e par la droite sĂ©natoriale. Exemple : 2 015 enfants rĂ©unionnais, reconnaissance en 2014, allocation votĂ©e le 28 janvier 2026. Mais l’agenda parlementaire s’emballe, symboliquement souvent.

Le Monde, 18 février 2026

LGBT+ : droits en progrĂšs, haine persistante

Vie-publique rappelle la stratĂ©gie : Ă©largir les droits depuis les annĂ©es 1980 et durcir la rĂ©pression des LGBTphobies. Les infractions anti-LGBT+ enregistrĂ©es encore augmentent depuis 2016 (+15 % par an), mais seules 4 % des victimes portent plainte ; plus de 70 % des victimes sont des hommes, majoritairement moins de 30 ans, et 27 % des actes ont lieu dans l’espace public. Au travail, 20 % dĂ©clarent une discrimination Ă  l’embauche ; l’INSEE estime un Ă©cart salarial d’environ −6,5 %.

Vie-publique.fr, 17 février 2026

 🇼🇳 Inde


Inde, libéralisation progressive

L'Inde abrite une communautĂ© LGBT+ estimĂ©e Ă  plusieurs dizaines de millions de personnes, dans un pays oĂč la libĂ©ralisation a Ă©tĂ© portĂ©e quasi exclusivement par la justice, et non par le lĂ©gislateur. Les acquis majeurs incluent la dĂ©pĂ©nalisation de l'homosexualitĂ© en 2018, la reconnaissance du troisiĂšme genre transgenre dĂšs 2014, des droits limitĂ©s de cohabitation pour les couples de mĂȘme sexe et l'interdiction des thĂ©rapies de conversion dans le secteur mĂ©dical.

Le revers le plus structurant reste la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme d'octobre 2023, qui a refusĂ© de lĂ©galiser le mariage homosexuel en renvoyant la question au Parlement — oĂč aucune majoritĂ© ne se dessine. En 2024, plusieurs avancĂ©es administratives ont nĂ©anmoins vu le jour : crĂ©ation d'une commission interministĂ©rielle dĂ©diĂ©e, accĂšs aux comptes bancaires joints pour les couples de mĂȘme sexe et nouvelles directives nationales sur l'accĂšs aux soins et la prĂ©vention des violences.

Les lacunes demeurent cependant profondes, comme en témoigne la 16e Marche des Fiertés de Mumbai du 21 février 2026, qui a réuni des milliers de participants pour réclamer des changements systémiques : loi anti-discrimination complÚte, réservation horizontale pour les personnes transgenres, fin de l'interdiction du don de sang et reconnaissance légale des unions. Huit ans aprÚs la dépénalisation, il n'existe toujours aucune protection contre les discriminations à l'emploi ou au logement, aucun parlementaire ouvertement LGBT+ n'a jamais été élu, et les violences restent trÚs répandues.

Sous le gouvernement du BJP (Bharatiya Janata Party), le parti nationaliste hindou de Narendra Modi au pouvoir depuis 2014, les avancées devraient rester de nature administrative et jurisprudentielle. Sa base électorale conservatrice et son idéologie traditionaliste rendent toute réforme législative structurelle sur le mariage ou les unions civiles improbable à court terme.


🌎 Monde


Royaume-Uni : les crimes anti-LGBT+ bientĂŽt “aggravĂ©s”

Un amendement au Crimes and Policing Bill prĂ©voit que les infractions visant une personne en raison de son orientation sexuelle, identitĂ© de genre ou handicap deviennent des dĂ©lits aggravĂ©s, avec peines maximales plus lourdes — au mĂȘme niveau que les crimes aggravĂ©s par la race ou la religion. Entre mars 2024 et mars 2025, plus de 30 000 faits de haine liĂ©s Ă  l’orientation sexuelle, Ă  l’identitĂ© trans ou au handicap ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en Angleterre et au pays de Galles. Les associations saluent une avancĂ©e majeure pour l’égalitĂ©.

BBC News, février 2026

Trans au Royaume-Uni : la loi “sexe biologique” rebat les cartes

Depuis l’arrĂȘt unanime de la Cour suprĂȘme (avril 2025), « femme » en droit des Ă©galitĂ©s renvoie au sexe enregistrĂ© Ă  la naissance, relançant la bataille sur espaces non mixtes et sport. RepĂšres chiffrĂ©s : plus de 10 250 certificats de reconnaissance de genre (GRC) dĂ©livrĂ©s fin septembre 2025 (dĂ©marche lĂ©gale Ă  ÂŁ6, avec diagnostic et deux ans de vie dans le genre acquis) ; le recensement 2021 estimait Ă  0,5% (≈ 262 000 personnes) la population trans en Angleterre et au pays de Galles. Des organisations durcissent dĂ©jĂ  leurs rĂšgles (Girlguiding, fĂ©dĂ©rations sportives).

BBC, 17 février 2026

USA : 9% LGBT+, la bisexualitĂ© en tĂȘte

Selon Gallup, la part d’adultes amĂ©ricains s’identifiant LGBTQ+ reste Ă  9% en 2025 (comme en 2024), soit plus du double de 2012 (3,5%). Dans ce 9%, la bisexualitĂ© domine : 58,6% des adultes LGBTQ+ se disent bisexuels. Le moteur, c’est la gĂ©nĂ©ration : 23% des moins de 30 ans se dĂ©clarent LGBTQ+ (vs 10% chez les 30-49 ; ≀3% au-delĂ  de 50).

The Advocate, 16 février 2026

Tennessee : nouvelle salve législative anti-LGBTQ+

Au Tennessee, des Ă©lus rĂ©publicains poussent plusieurs projets de loi visant la communautĂ© LGBTQ+, dans la continuitĂ© des restrictions adoptĂ©es ces derniĂšres annĂ©es. Selon CBS News (17 fĂ©vrier 2026), ces textes s’inscrivent dans une stratĂ©gie plus large observĂ©e dans plusieurs États conservateurs : encadrer l’expression de genre, limiter certains droits des personnes trans et restreindre la reconnaissance institutionnelle des identitĂ©s LGBTQ+.

CBS News, 17 février 2026

ICE et couple gay : “libres de partir”, mais dĂ©tenus quand mĂȘme

Deux hommes mariĂ©s originaires d’AzerbaĂŻdjan dĂ©noncent un impossible dĂ©part : malgrĂ© leur accord pour quitter immĂ©diatement les États-Unis, T.A. (40 ans) reste dĂ©tenu au Stewart Detention Center (GĂ©orgie) depuis le 14 janvier 2026. Son mari S.G. (30 ans) Ă©voque une dĂ©gradation rapide (-25 pounds, mĂ©dication non fournie, visites derriĂšre une vitre) et conteste les accusations d’ICE sur des “check-ins” manquĂ©s. 

The Advocate, 20 février 2026

Écoles amĂ©ricaines : “opt-out” anti-LGBTQ+ en marche

Le DOJ ouvre une enquĂȘte sur 3 districts publics du Michigan (Detroit, Godfrey-Lee, Lansing) pour vĂ©rifier si des contenus sur les personnes LGBTQ+ (“SOGI”) sont enseignĂ©s en prĂ©-K Ă  12 sans permettre aux parents religieux de retirer leurs enfants. L’enquĂȘte vise aussi l’accĂšs aux espaces “non mixtes” selon le sexe biologique, dans la ligne d’une lecture restrictive de Title IX. Contexte : la Cour suprĂȘme (6–3, juin 2025, Mahmoud v Taylor) impose des opt-outs pour les cours mentionnant l’existence des personnes LGBTQ+.

PinkNews, 20 février 2026

Texas : un juge protĂšge les clubs LGBT Ă  l’école

Un juge fĂ©dĂ©ral (Charles Eskridge) bloque temporairement, dans trois districts (Houston, Katy, Plano), une loi texane (effective septembre 2025) qui interdisait les clubs liĂ©s Ă  l’identitĂ©/expression de genre (type GSA/LGBTQ+) et empĂȘchait le personnel d’“aider” une transition sociale (prĂ©nom/pronoms). Son argument-clĂ© : les districts doivent d’abord respecter le droit fĂ©dĂ©ral garantissant l’accĂšs Ă©gal aux clubs scolaires. DĂ©cision ciblĂ©e, mais signal fort contre une offensive anti-DEI/LGBT Ă  l’école.

The New York Times, 20 février 2026

Stonewall : le retrait du drapeau Pride attaqué en justice

Le retrait du drapeau arc-en-ciel au Stonewall National Monument fait l’objet d’un recours fĂ©dĂ©ral contre l’administration Donald Trump. La Gilbert Baker Foundation et d’autres associations soutiennent que la loi autorise des drapeaux apportant un contexte historique — comme c’est le cas pour certains symboles confĂ©dĂ©rĂ©s — et que la dĂ©cision viserait la communautĂ© LGBTQ+. Enjeu : visibilitĂ© mĂ©morielle et Ă©galitĂ© de traitement des symboles sur les sites fĂ©dĂ©raux.

The New York Times, 17 février 2026

Trans youth : 40 hÎpitaux en pause, NYU cÚde sous pression fédérale

Le NYU Langone Health ferme son programme de santĂ© pour jeunes trans : plus de bloqueurs de pubertĂ© ni d’hormonothĂ©rapie pour les moins de 19 ans. Cette dĂ©cision s’inscrit dans l’offensive de Donald Trump contre les soins d’affirmation de genre, avec menace de perte de financements fĂ©dĂ©raux. DĂ©jĂ , plus de 40 hĂŽpitaux ont suspendu ces soins en fĂ©vrier 2026. Le maire Zohran Mamdani dĂ©nonce une “capitulation”, tandis que la sĂ©natrice Kristen Gonzalez propose un fonds de 8 millions $ pour garantir l’accĂšs.

Attitude, 20 février 2026

États rĂ©publicains : vers une remise en cause globale de l’identitĂ© trans

Avec l’appui politique de Donald Trump, les États dirigĂ©s par les rĂ©publicains Ă©largissent leurs offensives au-delĂ  du sport et des mineurs. Au Kansas, une loi invalide les permis modifiĂ©s par des personnes trans et redĂ©finit “sexe” et “genre” comme strictement biologiques Ă  la naissance. En Idaho, des poursuites seraient permises contre des entreprises autorisant l’accĂšs aux toilettes selon l’identitĂ© de genre. En Utah et Oklahoma, protections et soins pourraient ĂȘtre restreints, y compris pour adultes. Contexte : selon Pew (2025), 2/3 des AmĂ©ricains soutiennent l’exclusion des athlĂštes trans des sports fĂ©minins ; prĂšs de 50% favorisent des restrictions d’accĂšs aux toilettes selon le sexe biologique. Pour les dĂ©fenseurs des droits, il s’agit d’une stratĂ©gie graduelle visant Ă  nier la validitĂ© mĂȘme de l’identitĂ© trans.

The New York Times, 18 février 2026

Clinton recadre la “rĂ©volution du genre”

À la ConfĂ©rence de Munich, Hillary Clinton a vivement rĂ©pondu au vice-premier ministre tchĂšque Petr Macinka, qui dĂ©nonçait une « woke revolution » et une « gender revolution », affirmant qu’« il n’y a que deux genres ». Clinton a rĂ©torquĂ© : « Quelle rĂ©volution du genre ? Les femmes qui ont des droits ? » et a liĂ© ces attaques aux dĂ©rives autoritaires, accusant Donald Trump de « vendre » l’Ukraine. 

The Advocate, 16 février 2026

Coca Cola: un sĂ©minaire femmes attaquĂ© pour “discrimination inversĂ©e”

La U.S. Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) poursuit Coca-Cola Beverages Northeast pour un Ă©vĂ©nement de rĂ©seautage rĂ©servĂ© Ă  250 salariĂ©es (sept. 2024), avec hĂŽtel et temps de travail pris en charge. L’agence estime qu’exclure les hommes viole le droit fĂ©dĂ©ral anti-discrimination. C’est la premiĂšre action visant un programme DEI depuis le retour de Donald Trump, qui a promis d’éradiquer ces dispositifs. En toile de fond : bascule rĂ©glementaire et test judiciaire majeur pour les initiatives d’égalitĂ© en entreprise.

Reuters, 19 février 2026

AT&T : gouvernance en tension

Quatre fonds de pension publics de New York attaquent AT&T pour avoir empĂȘchĂ© un vote en AG 2026 sur une rĂ©solution demandant de publier la ventilation de ses 133 000 salarié·es par race, ethnicitĂ© et genre. AT&T justifie l’exclusion en invoquant un changement de doctrine de la U.S. Securities and Exchange Commission (novembre) permettant d’écarter des propositions avec une “base raisonnable”, mais les fonds dĂ©noncent une atteinte “irrĂ©parable” au droit de vote des actionnaires. Ils rappellent qu’AT&T communiquait ces donnĂ©es publiquement de 2021 Ă  2023, puis a cessĂ© en 2024 (alors qu’elles sont transmises chaque annĂ©e Ă  l’EEOC). Un signal clair : la bataille DEI se dĂ©place des RH vers les tribunaux et la gouvernance.

Reuters, 18 février 2026. 

Aide santĂ© USA–Afrique : l’alerte LGBT sur un “angle mort” de protection

Des ONG LGBTQ+ d’Uganda et du Kenya contestent les nouveaux accords santĂ© “gouvernement Ă  gouvernement” signĂ©s par l’administration Trump-Vance. Leur critique centrale : les textes restent silencieux sur les “populations vulnĂ©rables”, ce qui menace confidentialitĂ©, sĂ©curitĂ© et accĂšs aux soins (VIH, SRH, santĂ© mentale) auparavant dĂ©livrĂ©s via des cliniques spĂ©cialisĂ©es portĂ©es par des ONG/partenaires (USAID/PEPFAR). En contexte de criminalisation et de stigmatisation, la bascule vers des structures publiques est dĂ©crite comme un risque de renoncement aux soins (dĂ©pistage/treatment plus tardifs) et un possible levier de discrimination Ă©tatique.

Washington Blade, 17 février 2026 

Sri Lanka : le tourisme LGBTQ+ sacrifié 

Le gouvernement de Sri Lanka a retirĂ© une campagne visant Ă  promouvoir l’üle comme destination « sĂ»re et accueillante » pour les voyageurs LGBTQ+, malgrĂ© l’appui initial de l’agence touristique nationale. Des leaders bouddhistes et catholiques ont dĂ©noncĂ© une promotion d’une « vie sodomite ». Pourtant, l’homosexualitĂ© reste passible de 10 ans de prison, sans protections anti-discrimination. Dans un pays en crise Ă©conomique depuis 2019, le pari d’un tourisme inclusif — et gĂ©nĂ©rateur de devises — cĂšde face aux conservatismes culturels.

LGBTQ Nation, 20 février 2026

Turquie : vers la criminalisation explicite 

Un projet de loi prĂ©parĂ© par le ministĂšre de la Justice en Turquie prĂ©voit d’emprisonner (1 Ă  3 ans) toute personne qui “encourage ou promeut” l’identitĂ© LGBT, de pĂ©naliser les cĂ©rĂ©monies de fiançailles ou mariages entre personnes de mĂȘme sexe (jusqu’à 4 ans), et de durcir drastiquement l’accĂšs Ă  la transition (Ăąge relevĂ© Ă  25 ans, 4 expertises mĂ©dicales sur au moins un an). Sous l’impulsion de Recep Tayyip Erdoğan, 2025 proclamĂ©e “AnnĂ©e de la famille”, cette offensive marque un recul majeur. Bien que l’homosexualitĂ© ne soit plus pĂ©nalisĂ©e depuis 1858, la Turquie est classĂ©e 47e/49 en Europe (ILGA-Europe).

Turkish Minute, 17 février 2026

Sénégal : répression anti-LGBT 

Le 9 fĂ©vrier, 12 hommes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă  Dakar pour « actes contre nature » et « transmission intentionnelle du VIH ». Ils risquent jusqu’à 5 ans de prison (amendes de 100 000 Ă  1 500 000 CFA) pour relations prĂ©sumĂ©es entre personnes de mĂȘme sexe, et 10 ans pour l’accusation liĂ©e au VIH. L’article 319 du Code pĂ©nal criminalise toujours l’homosexualitĂ©. Les ONG alertent : usage de prĂ©servatifs et donnĂ©es VIH comme preuves, climat de peur, recul des soins. HRW exige libĂ©rations et abrogation des lois discriminatoires.

Human Rights Watch, 18 février 2026

Cuba : le Code de la famille, victoire LGBT par référendum

En 2022, Cuba a adoptĂ© par rĂ©fĂ©rendum un nouveau Code de la famille approuvĂ© Ă  67 % (participation 75 %), aprĂšs 80 000 consultations publiques. Le texte Ă©largit les droits LGBT, mais aussi ceux des femmes et des enfants. MalgrĂ© l’opposition d’Églises catholique et Ă©vangĂ©liques, le processus participatif a permis d’amender la moitiĂ© des propositions initiales. Dans un contexte de blocus renforcĂ© par Donald Trump, ce vote est prĂ©sentĂ© comme une avancĂ©e sociale majeure et un acte de souverainetĂ© dĂ©mocratique.

Morning Star, 20 février 2026


 
 
 

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