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🏳️‍🌈 La Conspiration des faits

  • 23 févr.
  • 13 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mai

Pendant quelques jours, la presse a tourné en boucle sur une phrase que Rachida Dati aurait prononcée en privé. "Conspiration gay", "club des homosexuels" : les mots circulent, contestés, niés, plainte déposée. À un mois des municipales parisiennes, la séquence fait beaucoup de bruit, campagne électorale oblige.

Pigments Project ne se positionne pas sur cette affaire. Non par prudence, non par indifférence — mais parce que notre rôle n’est pas de commenter.

Notre mission, c'est de regarder les faits. Les vrais : ceux qu'on peut mesurer, analyser, transformer en leviers d'action concrets. Des propos rapportés, contestés et soumis à une procédure judiciaire ne constituent pas une base sur laquelle un think & do tank sérieux peut bâtir une prise de position publique.

Ce qui nous intéresse, c'est la suite. Dans une ville où 73 % des jeunes considèrent l'homosexualité comme acceptable, les enjeux qui structurent vraiment l'avenir des personnes LGBT+ ne se jouent pas au rythme des réseaux sociaux. Ils se jouent dans les budgets, leur utilisation et leur optimisation, les programmes municipaux, les politiques DEI concernant le personnel de mairie, les dispositifs de santé, les politiques scolaires, la sécurité. Nous entrons dans une séquence électorale : c'est le bon moment pour poser les bonnes questions, pas pour commenter. Nous avons eu la chance de rencontrer trois candidats lors d'un dîner-débat, et nous détaillerons prochainement leurs positions et propositions concrètes. Nous serons par ailleurs attentifs à l'ensemble des programmes publiés d'ici le scrutin.

Un dernier mot, venu d'Inde où cette revue de presse est rédigée cette semaine (IA Impact Summit oblige) : Mumbai célébrait début février le 16e anniversaire de sa Marche des Fiertés — des milliers de personnes dans les rues, huit ans après la décriminalisation de l'homosexualité dans un pays de 1,4 milliard d'habitants . Si le changement est possible à cette échelle-là, il est possible partout. 

C'est cette conviction qui guide notre travail.



📌 Sélection du 22 février 2026


Goldman Sachs recule sur la diversité au board

Goldman Sachs va supprimer les critères liés à la race, au genre et à l’orientation sexuelle dans l’évaluation des candidats à son conseil d’administration, sous pression du groupe activiste National Legal and Policy Center. Ces critères, intégrés aux politiques DEI, incluaient l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Le retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de recul des engagements DEI depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, avec des impacts directs sur la représentation LGBTQ+ au sommet des grandes entreprises.

The Guardian, 17 février 2026

U2 transforme un meurtre en réquisitoire pro-LGBTQ+

U2 sort l’EP Days of Ash (6 titres, publié le 18 février 2026) dont l’ouverture, “American Obituary”, rend hommage à Renée Nicole Good, mère queer de trois enfants, tuée par un agent d’ICE à Minneapolis le 7 janvier 2026. Le groupe dénonce aussi son étiquetage officiel en “terroriste domestique”, symbole d’une dérive qui “assassine le sens des mots”. Première sortie de nouveaux titres depuis 2017 : la pop comme contre-pouvoir, pour mémoire et égalité.

LGBTQ Nation, 20 février 2026

Steam : la haine anti-LGBTQ+ laissée en ligne

Sur Valve Corporation (propriétaire de Steam), des développeur·euses dénoncent une modération jugée défaillante : insultes transphobes, antisémites et campagnes “anti-woke” restent visibles malgré les règles internes. Des jeux avec personnages LGBTQ+ sont ciblés par des “curateurs” militants, affectant directement leurs ventes — un enjeu majeur quand la plateforme revendique près de 42 millions d’utilisateurs simultanés le mois dernier. Faute de réponses, des créateurs parlent d’un climat d’impunité structurelle aux impacts économiques et psychologiques réels.

The Guardian, 16 février 2026

UE : “les femmes trans sont des femmes” 

Le Parlement européen a adopté une résolution affirmant la reconnaissance pleine des femmes trans comme femmes, jugée “essentielle” à l’efficacité des politiques d’égalité et de lutte contre les violences, avec accès égal aux services de protection et de soutien. Le texte, non contraignant, fixe les priorités de l’UE pour la 70e session de la Commission de l’ONU sur le statut des femmes (mars, New York) et alerte sur les offensives “anti-genre” visant aussi les droits LGBTIQ+. Vote : 340 pour, 141 contre, 68 abstentions.

LGBTQ Nation, 17 février 2026

Surrogacy sans garde-fous 

Dans une enquête d’A Reporter at Large, The New Yorker révèle qu’un couple fortuné de Los Angeles aurait obtenu des dizaines d’enfants via gestation pour autrui, dans une villa transformée en quasi-pouponnière. Aux États-Unis, l’absence de cadre fédéral sur la GPA — pourtant interdite dans de nombreux pays — laisse place à des montages opaques et à des questions éthiques majeures : projet parental démesuré ou exploitation d’un vide juridique ? L’affaire relance le débat sur régulation, protection des mères porteuses et intérêt supérieur des enfants.

The New Yorker, 9 février 2026

Art contre ICE : la résistance queer en première ligne à L.A.

À Los Angeles, des artistes transforment la création en riposte face aux raids de U.S. Immigration and Customs Enforcement (10 000 arrestations en 6 mois dès juin 2025). Performances pop-up, néons “Nobody is Illegal”, projections nocturnes et ateliers dans un refuge LGBT+ à Tijuana : l’“Irresistible Resistance” irrigue Frieze LA 2026. L’art devient entraide, visibilité et défense des communautés migrantes queer, ciblées par la peur et la précarité.

Financial Times, 18 février 2026

Mika sur RTL 

“On assiste à un recul inquiétant des droits LGBTQ+, presque comme si l’on revenait vingt ans en arrière. Aux États-Unis, c’est frappant, et même en Italie — un pays que j’adore — la situation se dégrade aussi, mais beaucoup n’osent pas en parler. Par peur, on laisse la liberté s’éroder en silence, et je ne comprends pas comment on en est arrivés là. Ce qui me frappe, c’est que ce n’est pas une impression vague ou une exagération : c’est du concret. J’ai longtemps travaillé autour des événements Pride, surtout aux États-Unis. Or, cette année, les sponsors ont disparu. Les financements ont été coupés. Des activités qui existaient chaque année ont été annulées. Et sur place, beaucoup de gens ont réellement peur de prendre la parole.”

RTL, 12 février 2026


🇫🇷 France


“Conspiration gay”

À un mois des municipales 2026, Rachida Dati est accusée par Le Nouvel Obs d’avoir évoqué en privé une « conspiration gay » et un « club des homosexuels » cherchant à la faire perdre à Paris. Elle dément et porte plainte pour diffamation. L’affaire ravive son passif : opposition au mariage pour tous, réserves sur la PMA/GPA, abstention sur l’interdiction des thérapies de conversion. Dans une ville où 73 % des jeunes jugent l’homosexualité acceptable (Ifop), la séquence interroge sa capacité à rassembler l’électorat LGBT et allié.

Le ParisienTeleramaHuffpostOuest FranceLa Dépêche 18 février 2026

Jeunesse 2025 : progressiste, mais fracturée sur les droits LGBT

L’étude Ifop-Elle (1 028 adolescents, 15-17 ans) révèle une jeunesse majoritairement favorable aux droits LGBT : 73 % jugent acceptables les relations entre personnes de même sexe et 50 % le changement de genre . Mais les clivages religieux sont nets : 49 % des jeunes musulmans jugent inacceptables les relations homosexuelles (vs 7 % sans religion) et 57 % refusent le changement de genre (vs 21 %). La critique des religions est rejetée par 58 %, signe d’une tension entre libertés individuelles et conservatismes culturels.

Ifop pour Elle, février 2026

Stades : Le PSG convoqué par la LFP

Après des chants au PSG-OM, le PSG est convoqué par la LFP. La ligue recense 12 matchs de Ligue 1 interrompus pour chants discriminatoires sur 198, et 15 en Ligue 2 après 21 journées (contre 5 en 2024-2025). Les écologistes proposent une loi d’« obligation de résultat » : dès qu’un chant homophobe est constaté, le club serait responsable. En 2024-2025, la LFP a infligé 107 amendes (229 000 €) et 3 fermetures de tribunes.

Le Monde, 18 février 2026

Mémoire LGBT : reconnaître, puis réparer ?

Le Parlement multiplie les lois mémorielles : fin 2025, textes sur les victimes des lois anti-homosexualité (avant 1982) et anti-avortement, et sur Dreyfus. Selon Le Monde, plus de 10 000 condamnations pour homosexualité après 1945 ont motivé une loi. Le débat DEI porte sur la réparation : la gauche proposait au moins 10 000 € d’allocation, refusée par la droite sénatoriale. Exemple : 2 015 enfants réunionnais, reconnaissance en 2014, allocation votée le 28 janvier 2026. Mais l’agenda parlementaire s’emballe, symboliquement souvent.

Le Monde, 18 février 2026

LGBT+ : droits en progrès, haine persistante

Vie-publique rappelle la stratégie : élargir les droits depuis les années 1980 et durcir la répression des LGBTphobies. Les infractions anti-LGBT+ enregistrées encore augmentent depuis 2016 (+15 % par an), mais seules 4 % des victimes portent plainte ; plus de 70 % des victimes sont des hommes, majoritairement moins de 30 ans, et 27 % des actes ont lieu dans l’espace public. Au travail, 20 % déclarent une discrimination à l’embauche ; l’INSEE estime un écart salarial d’environ −6,5 %.

Vie-publique.fr, 17 février 2026

 🇮🇳 Inde


Inde, libéralisation progressive

L'Inde abrite une communauté LGBT+ estimée à plusieurs dizaines de millions de personnes, dans un pays où la libéralisation a été portée quasi exclusivement par la justice, et non par le législateur. Les acquis majeurs incluent la dépénalisation de l'homosexualité en 2018, la reconnaissance du troisième genre transgenre dès 2014, des droits limités de cohabitation pour les couples de même sexe et l'interdiction des thérapies de conversion dans le secteur médical.

Le revers le plus structurant reste la décision de la Cour suprême d'octobre 2023, qui a refusé de légaliser le mariage homosexuel en renvoyant la question au Parlement — où aucune majorité ne se dessine. En 2024, plusieurs avancées administratives ont néanmoins vu le jour : création d'une commission interministérielle dédiée, accès aux comptes bancaires joints pour les couples de même sexe et nouvelles directives nationales sur l'accès aux soins et la prévention des violences.

Les lacunes demeurent cependant profondes, comme en témoigne la 16e Marche des Fiertés de Mumbai du 21 février 2026, qui a réuni des milliers de participants pour réclamer des changements systémiques : loi anti-discrimination complète, réservation horizontale pour les personnes transgenres, fin de l'interdiction du don de sang et reconnaissance légale des unions. Huit ans après la dépénalisation, il n'existe toujours aucune protection contre les discriminations à l'emploi ou au logement, aucun parlementaire ouvertement LGBT+ n'a jamais été élu, et les violences restent très répandues.

Sous le gouvernement du BJP (Bharatiya Janata Party), le parti nationaliste hindou de Narendra Modi au pouvoir depuis 2014, les avancées devraient rester de nature administrative et jurisprudentielle. Sa base électorale conservatrice et son idéologie traditionaliste rendent toute réforme législative structurelle sur le mariage ou les unions civiles improbable à court terme.


🌎 Monde


Royaume-Uni : les crimes anti-LGBT+ bientôt “aggravés”

Un amendement au Crimes and Policing Bill prévoit que les infractions visant une personne en raison de son orientation sexuelle, identité de genre ou handicap deviennent des délits aggravés, avec peines maximales plus lourdes — au même niveau que les crimes aggravés par la race ou la religion. Entre mars 2024 et mars 2025, plus de 30 000 faits de haine liés à l’orientation sexuelle, à l’identité trans ou au handicap ont été enregistrés en Angleterre et au pays de Galles. Les associations saluent une avancée majeure pour l’égalité.

BBC News, février 2026

Trans au Royaume-Uni : la loi “sexe biologique” rebat les cartes

Depuis l’arrêt unanime de la Cour suprême (avril 2025), « femme » en droit des égalités renvoie au sexe enregistré à la naissance, relançant la bataille sur espaces non mixtes et sport. Repères chiffrés : plus de 10 250 certificats de reconnaissance de genre (GRC) délivrés fin septembre 2025 (démarche légale à £6, avec diagnostic et deux ans de vie dans le genre acquis) ; le recensement 2021 estimait à 0,5% (≈ 262 000 personnes) la population trans en Angleterre et au pays de Galles. Des organisations durcissent déjà leurs règles (Girlguiding, fédérations sportives).

BBC, 17 février 2026

USA : 9% LGBT+, la bisexualité en tête

Selon Gallup, la part d’adultes américains s’identifiant LGBTQ+ reste à 9% en 2025 (comme en 2024), soit plus du double de 2012 (3,5%). Dans ce 9%, la bisexualité domine : 58,6% des adultes LGBTQ+ se disent bisexuels. Le moteur, c’est la génération : 23% des moins de 30 ans se déclarent LGBTQ+ (vs 10% chez les 30-49 ; ≤3% au-delà de 50).

The Advocate, 16 février 2026

Tennessee : nouvelle salve législative anti-LGBTQ+

Au Tennessee, des élus républicains poussent plusieurs projets de loi visant la communauté LGBTQ+, dans la continuité des restrictions adoptées ces dernières années. Selon CBS News (17 février 2026), ces textes s’inscrivent dans une stratégie plus large observée dans plusieurs États conservateurs : encadrer l’expression de genre, limiter certains droits des personnes trans et restreindre la reconnaissance institutionnelle des identités LGBTQ+.

CBS News, 17 février 2026

ICE et couple gay : “libres de partir”, mais détenus quand même

Deux hommes mariés originaires d’Azerbaïdjan dénoncent un impossible départ : malgré leur accord pour quitter immédiatement les États-Unis, T.A. (40 ans) reste détenu au Stewart Detention Center (Géorgie) depuis le 14 janvier 2026. Son mari S.G. (30 ans) évoque une dégradation rapide (-25 pounds, médication non fournie, visites derrière une vitre) et conteste les accusations d’ICE sur des “check-ins” manqués. 

The Advocate, 20 février 2026

Écoles américaines : “opt-out” anti-LGBTQ+ en marche

Le DOJ ouvre une enquête sur 3 districts publics du Michigan (Detroit, Godfrey-Lee, Lansing) pour vérifier si des contenus sur les personnes LGBTQ+ (“SOGI”) sont enseignés en pré-K à 12 sans permettre aux parents religieux de retirer leurs enfants. L’enquête vise aussi l’accès aux espaces “non mixtes” selon le sexe biologique, dans la ligne d’une lecture restrictive de Title IX. Contexte : la Cour suprême (6–3, juin 2025, Mahmoud v Taylor) impose des opt-outs pour les cours mentionnant l’existence des personnes LGBTQ+.

PinkNews, 20 février 2026

Texas : un juge protège les clubs LGBT à l’école

Un juge fédéral (Charles Eskridge) bloque temporairement, dans trois districts (Houston, Katy, Plano), une loi texane (effective septembre 2025) qui interdisait les clubs liés à l’identité/expression de genre (type GSA/LGBTQ+) et empêchait le personnel d’“aider” une transition sociale (prénom/pronoms). Son argument-clé : les districts doivent d’abord respecter le droit fédéral garantissant l’accès égal aux clubs scolaires. Décision ciblée, mais signal fort contre une offensive anti-DEI/LGBT à l’école.

The New York Times, 20 février 2026

Stonewall : le retrait du drapeau Pride attaqué en justice

Le retrait du drapeau arc-en-ciel au Stonewall National Monument fait l’objet d’un recours fédéral contre l’administration Donald Trump. La Gilbert Baker Foundation et d’autres associations soutiennent que la loi autorise des drapeaux apportant un contexte historique — comme c’est le cas pour certains symboles confédérés — et que la décision viserait la communauté LGBTQ+. Enjeu : visibilité mémorielle et égalité de traitement des symboles sur les sites fédéraux.

The New York Times, 17 février 2026

Trans youth : 40 hôpitaux en pause, NYU cède sous pression fédérale

Le NYU Langone Health ferme son programme de santé pour jeunes trans : plus de bloqueurs de puberté ni d’hormonothérapie pour les moins de 19 ans. Cette décision s’inscrit dans l’offensive de Donald Trump contre les soins d’affirmation de genre, avec menace de perte de financements fédéraux. Déjà, plus de 40 hôpitaux ont suspendu ces soins en février 2026. Le maire Zohran Mamdani dénonce une “capitulation”, tandis que la sénatrice Kristen Gonzalez propose un fonds de 8 millions $ pour garantir l’accès.

Attitude, 20 février 2026

États républicains : vers une remise en cause globale de l’identité trans

Avec l’appui politique de Donald Trump, les États dirigés par les républicains élargissent leurs offensives au-delà du sport et des mineurs. Au Kansas, une loi invalide les permis modifiés par des personnes trans et redéfinit “sexe” et “genre” comme strictement biologiques à la naissance. En Idaho, des poursuites seraient permises contre des entreprises autorisant l’accès aux toilettes selon l’identité de genre. En Utah et Oklahoma, protections et soins pourraient être restreints, y compris pour adultes. Contexte : selon Pew (2025), 2/3 des Américains soutiennent l’exclusion des athlètes trans des sports féminins ; près de 50% favorisent des restrictions d’accès aux toilettes selon le sexe biologique. Pour les défenseurs des droits, il s’agit d’une stratégie graduelle visant à nier la validité même de l’identité trans.

The New York Times, 18 février 2026

Clinton recadre la “révolution du genre”

À la Conférence de Munich, Hillary Clinton a vivement répondu au vice-premier ministre tchèque Petr Macinka, qui dénonçait une « woke revolution » et une « gender revolution », affirmant qu’« il n’y a que deux genres ». Clinton a rétorqué : « Quelle révolution du genre ? Les femmes qui ont des droits ? » et a lié ces attaques aux dérives autoritaires, accusant Donald Trump de « vendre » l’Ukraine. 

The Advocate, 16 février 2026

Coca Cola: un séminaire femmes attaqué pour “discrimination inversée”

La U.S. Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) poursuit Coca-Cola Beverages Northeast pour un événement de réseautage réservé à 250 salariées (sept. 2024), avec hôtel et temps de travail pris en charge. L’agence estime qu’exclure les hommes viole le droit fédéral anti-discrimination. C’est la première action visant un programme DEI depuis le retour de Donald Trump, qui a promis d’éradiquer ces dispositifs. En toile de fond : bascule réglementaire et test judiciaire majeur pour les initiatives d’égalité en entreprise.

Reuters, 19 février 2026

AT&T : gouvernance en tension

Quatre fonds de pension publics de New York attaquent AT&T pour avoir empêché un vote en AG 2026 sur une résolution demandant de publier la ventilation de ses 133 000 salarié·es par race, ethnicité et genre. AT&T justifie l’exclusion en invoquant un changement de doctrine de la U.S. Securities and Exchange Commission (novembre) permettant d’écarter des propositions avec une “base raisonnable”, mais les fonds dénoncent une atteinte “irréparable” au droit de vote des actionnaires. Ils rappellent qu’AT&T communiquait ces données publiquement de 2021 à 2023, puis a cessé en 2024 (alors qu’elles sont transmises chaque année à l’EEOC). Un signal clair : la bataille DEI se déplace des RH vers les tribunaux et la gouvernance.

Reuters, 18 février 2026. 

Aide santé USA–Afrique : l’alerte LGBT sur un “angle mort” de protection

Des ONG LGBTQ+ d’Uganda et du Kenya contestent les nouveaux accords santé “gouvernement à gouvernement” signés par l’administration Trump-Vance. Leur critique centrale : les textes restent silencieux sur les “populations vulnérables”, ce qui menace confidentialité, sécurité et accès aux soins (VIH, SRH, santé mentale) auparavant délivrés via des cliniques spécialisées portées par des ONG/partenaires (USAID/PEPFAR). En contexte de criminalisation et de stigmatisation, la bascule vers des structures publiques est décrite comme un risque de renoncement aux soins (dépistage/treatment plus tardifs) et un possible levier de discrimination étatique.

Washington Blade, 17 février 2026 

Sri Lanka : le tourisme LGBTQ+ sacrifié 

Le gouvernement de Sri Lanka a retiré une campagne visant à promouvoir l’île comme destination « sûre et accueillante » pour les voyageurs LGBTQ+, malgré l’appui initial de l’agence touristique nationale. Des leaders bouddhistes et catholiques ont dénoncé une promotion d’une « vie sodomite ». Pourtant, l’homosexualité reste passible de 10 ans de prison, sans protections anti-discrimination. Dans un pays en crise économique depuis 2019, le pari d’un tourisme inclusif — et générateur de devises — cède face aux conservatismes culturels.

LGBTQ Nation, 20 février 2026

Turquie : vers la criminalisation explicite 

Un projet de loi préparé par le ministère de la Justice en Turquie prévoit d’emprisonner (1 à 3 ans) toute personne qui “encourage ou promeut” l’identité LGBT, de pénaliser les cérémonies de fiançailles ou mariages entre personnes de même sexe (jusqu’à 4 ans), et de durcir drastiquement l’accès à la transition (âge relevé à 25 ans, 4 expertises médicales sur au moins un an). Sous l’impulsion de Recep Tayyip Erdoğan, 2025 proclamée “Année de la famille”, cette offensive marque un recul majeur. Bien que l’homosexualité ne soit plus pénalisée depuis 1858, la Turquie est classée 47e/49 en Europe (ILGA-Europe).

Turkish Minute, 17 février 2026

Sénégal : répression anti-LGBT 

Le 9 février, 12 hommes ont été arrêtés à Dakar pour « actes contre nature » et « transmission intentionnelle du VIH ». Ils risquent jusqu’à 5 ans de prison (amendes de 100 000 à 1 500 000 CFA) pour relations présumées entre personnes de même sexe, et 10 ans pour l’accusation liée au VIH. L’article 319 du Code pénal criminalise toujours l’homosexualité. Les ONG alertent : usage de préservatifs et données VIH comme preuves, climat de peur, recul des soins. HRW exige libérations et abrogation des lois discriminatoires.

Human Rights Watch, 18 février 2026

Cuba : le Code de la famille, victoire LGBT par référendum

En 2022, Cuba a adopté par référendum un nouveau Code de la famille approuvé à 67 % (participation 75 %), après 80 000 consultations publiques. Le texte élargit les droits LGBT, mais aussi ceux des femmes et des enfants. Malgré l’opposition d’Églises catholique et évangéliques, le processus participatif a permis d’amender la moitié des propositions initiales. Dans un contexte de blocus renforcé par Donald Trump, ce vote est présenté comme une avancée sociale majeure et un acte de souveraineté démocratique.

Morning Star, 20 février 2026



À propos de l’auteur

Albin Serviant est le co-fondateur de The Pigments Project, think & do tank et fonds de dotation LGBTQ+ qui agit pour l’universalité des droits, l’égalité et les libertés publiques.

 
 
 
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